Les serres, entièrement rénovées et réaménagées, ont ouvert au public le 2 juin 2010. Tout en gardant la magie du lieu et son potentiel de dépaysement, la rénovation permet d’y diffuser les connaissances les plus récentes sur les plantes, et de sensibiliser tous les publics à la fragilité des milieux et aux enjeux actuels de leur préservation.


La rénovation des grandes serres [Réal. Frédéric Dubos et Sébastien Pagani, service multimédia © MNHN]

Un enjeu technique
Les serres sont des bâtiments classés, des structures anciennes fragiles. Elles souffrent des écarts de température et des effets de l’humidité. Elles ont toutes fait l’objet de rénovations mais jamais d’un chantier aussi important que celui qui s’est ouvert en juin 2005. Leur rénovation et leur nouvel aménagement intérieur ont été effectués en tenant compte des impératifs qu’imposent un classement patrimonial et la volonté de les rendre accessibles à tous les publics.

Les travaux ont permis de leur redonner leur aspect d’origine et d’en moderniser le fonctionnement. Tant l’extérieur que l’intérieur ont été restaurés et repensés, nécessitant la fermeture au public et le déménagement des plantes. Les grands sujets intransportables ont bravement supporté les travaux.
La rénovation des structures métalliques corrodées et la reprise de l’étanchéité ont donc constitué les travaux de base. Les installations électriques, le chauffage, l’éclairage, les brumisateurs pour recréer l’atmosphère tropicale de la grande serre, la restitution des décorations de l’avant-corps et la mise en lumière d’origine (éclairage des fermes de couleur bleue) permettent de doter le Muséum d’un nouveau lieu d’exposition au cœur du Jardin des Plantes, de sauver son patrimoine en lui redonnant une nouvelle mission.

Un enjeu historique et botanique
Préserver les serres c’est aussi renouer avec l’utopie des grands botanistes du Jardin des Plantes, et nourrir les fantasmes du jardinier : faire pousser en pleine terre des plantes originaires d’autres latitudes, leur recréer un substrat, c’est-à-dire un sol proche de celui de leur milieu naturel et maintenir des conditions de température et d’humidité adéquates. C’est un défi permanent pour les six jardiniers affectés aux serres car rien n’est acquis d’avance, la nature, même sous verre, peut être capricieuse ou généreuse.

Un enjeu scientifique et pédagogique
Les serres offrent davantage qu’une immersion dans le végétal. Chacune ouvre sur un univers à part entière, visuellement et scientifiquement. Chaque serre dévoile une approche différente de la biodiversité végétale. Dans la serre des forêts tropicales humides, le visiteur est plongé dans un milieu d’une exceptionnelle densité où les plantes racontent leurs fonctions et leur utilité. Dans la serre des déserts et des milieux arides on observe des groupes aux surprenantes facultés adaptatives. Dans la serre de Nouvelle-Calédonie, on passe à l’échelle des milieux et des paysages. Puis dans la serre de l’histoire des plantes on voit s'élargir les champs de l’observation à l’échelle des périodes géologiques de l’histoire de la Terre. Enfin, les serres constituent un espace exemplaire de sensibilisation à la diversité du végétal, à sa beauté mais aussi à sa fragilité. Sans les plantes pas de vie possible pour les humains, étroitement reliés au monde végétal par des milliers d’années de cohabitation, c’est ce que la scénographie des serres met en évidence.