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Sabrina Krief, maître de conférences, Ecologie des grands singes, département Hommes, Natures, Sociétés, Muséum national d'Histoire naturelle.Parmi les enjeux économiques associés à la biodiversité, la grande faune et sa conservation ont des rôles majeurs à jouer en termes de tourisme, de santé et d¹alimentation. Le tourisme de vision des grands mammifères, conduit de façon raisonnée, est une source potentielle de développement local et de lutte contre la pauvreté et l¹inégalité pour les communautés voisines et représente, pour les gouvernements, un argument convaincant en faveur de leur préservation. On peut attendre aussi des bénéfices économiques liés au suivi sanitaire de la grande faune : des travaux scientifiques sur les grands mammifères permettent aujourd¹hui de mieux connaître les potentiels agents pathogènes transmissibles aux animaux domestiques et aux hommes mais aussi de guider les recherches en pharmacognosie. Enfin, la grande faune, consommée (chassée, braconnée ou élevée), est source directe de protéines et les activités autour de la chasse des grands mammifères génèrent des revenus. Dans son habitat naturel, la grande faune contribue aussi au maintien des ressources alimentaires végétales par la dispersion des graines et les fonctions d¹espèces parapluie de ses représentants. Les menaces, qui pèsent aujourd¹hui sur l¹habitat et la survie de ces espèces, compromettent des sources de revenus nécessaires aux communautés humaines et un patrimoine naturel, souvent inégalable.    Informations pratiques : Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution - 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Paris.Horaire : 18 h.Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (120 places).Tout public, accueil du public dès 17 h 45. 
Gilles Bœuf, biologiste, professeur à l’université Pierre et Marie Curie, président du Muséum national d'Histoire naturelle.Les océans recouvrent aujourd’hui 71 % de la surface de la Terre et constituent le plus grand volume offert au vivant sur la planète « bleue ». Ils abritent plus de 235 000 espèces vivantes décrites. Ceci représente quelques 13 % des espèces connues actuellement sur le globe mais les biomasses marines peuvent être considérables. Par exemple, les bactéries marines représentent à elles-seules plus de 10 % de toute la biomasse carbonée du globe, le phytoplancton plus de la moitié de la productivité. Par ailleurs, si la diversité spécifique est plus faible que sur les continents, la diversité en termes de grands groupes est bien plus importante en mer. Ainsi 12 des grands phyla animaux (sur les 31 répertoriés) sont apparus dans l’océan et n’en sont jamais sortis. Les échinodermes (étoiles, oursins, concombres de mer…) en sont un bon exemple. La Vie est apparue dans les océans il y a plus de 3 800 millions d’années et il s’y est produit des événements déterminants pour le Vivant, de l’apparition du noyau de la cellule au développement de la sexualité, en passant par la « pluricellularité » et la capture de bactéries qui deviendront, par symbioses, des organites, éléments-clés de la cellule. La sexualité aussi y a trouvé son origine.Cette diversité spécifique et l’ancestralité des caractères ainsi que des schémas d’organisations et de comportements originaux ont fait des organismes marins d’excellents réservoirs pour y identifier et en extraire des molécules d’intérêt pharmacologique ou cosmétique (plus de 25 000 aujourd’hui) et/ou en faire des modèles d’étude particulièrement pertinents en recherche, tant fondamentale que finalisée. Les relations entre océan et santé publique sont de divers ordres, tant physiques, chimiques que biologiques ou physiologiques. Certains modèles marins ont été à la base de découvertes essentielles en Sciences du vivant et à l’origine de l’obtention de Prix Nobel de physiologie et de médecine : de la découverte de la phagocytose, au choc anaphylactique en passant par la transmission de l’influx nerveux, les bases moléculaires de la mémoire, la découverte de la molécule-clé des cancers, la mise en place des yeux, le rôle des récepteurs membranaires aux neurotransmetteurs, les bases du système immunitaire spécifique, la protéine fluorescente verte de méduse…Les milieux aquatiques fournissent à l’humanité des ressources renouvelables pour plus de 160 millions de tonnes (année 2010), pêche et aquaculture réunies, tous groupes confondus. Ces ressources sont également très menacées aujourd’hui et la FAO estime à 76 % l’ensemble des stocks pleinement exploités ou surexploités. Les écosystèmes sont altérés, dégradés, pollués, des espèces allochtones introduites partout (ballastage des grands navires par exemple) et le changement climatique ne va rien arranger. L’aquaculture, celle soucieuse des lendemains, sans destruction des environnements côtiers et pollution inconsidérée, complémentaire de la pêche, est-elle développée ? La biodiversité, si indispensable pour l’avenir de l’humanité, est bien menacée : de quoi sera fait le futur et quelle Terre, quels océans laisserons-nous à nos enfants ?Informations pratiques : Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution - 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Paris.Horaire 18 h.Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (120 places)Tout public, accueil du public 17 h 45.